vendredi, juin 12, 2009

L'élitisme républicain

L’élitisme républicain. L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales
Un ouvrage de Christian Baudelot et Roger Establet (Seuil, coll. "La République des idées", 2009)

Par Pierre Bataille [1]

En cette période où le gouvernement français use et abuse des classements et évaluations pour légitimer sa politique de démembrement du système éducatif, les tests PISA (pour Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) mis en place au niveau des pays de l’OCDE depuis maintenant 9 ans ont de quoi éveiller toutes les craintes. Si l’on rajoute à cela la fâcheuse habitude des principaux médias à n’utiliser que l’information la plus anecdotique (le classement final qui détermine qui sont les « premiers de la classes » parmi les pays concernés), on ne peut à première vue qu’abonder dans le sens d’un certain scepticisme envers ce type de tentative de comparaison internationale en termes d’éducation. Et pourtant PISA ne sert pas uniquement à produire un palmarès des systèmes éducatifs : les résultats de ces tests peuvent aussi éclairer sous un jour nouveau les questions que nous pose notre propre système d’éducation à l’échelle nationale. C’est à nous convaincre de la portée de cette proposition que s’attachent, dans leur nouvel ouvrage, Christian Baudelot et Roger Establet.

Les deux auteurs sont familiers de l’utilisation des données issues de ces tests, qui occupaient déjà une part importante de leur précédent ouvrage [2]. Aussi, le présent livre s’ouvre sur un exposé des méthodes utilisées pour le recueil des données et de la philosophie générale des épreuves. Cette présentation entre d’ailleurs en résonance avec une série d’article déjà parus sur La Vies des idées.fr, site relié à la maison d’édition à l’origine de la parution de ce nouvel ouvrage. Dans cette partie introductive au titre évocateur (« Qui a peur de PISA ? »), les auteurs reviennent aussi sur les problèmes de réception des résultats de ces tests en France, où les résultats de PISA sont souvent perçus comme une tentative d’homogénéisation des modèles éducatifs selon les principes de l’OCDE. Ils proposent alors de prendre une perspective inverse : soit, la philosophie générale à l’origine des test PISA diffère largement de celle qui informe la conception de l’école primaire et secondaire française, mais l’analyse rigoureuse de cette différence et des comparaisons établies grâce à ces tests ne pourrait-elle pas permettre de mieux comprendre les forces et faiblesses de notre propre système scolaire si jalousement gardé ? C’est ici le point de départ de la réflexion des deux auteurs. La suite de l’ouvrage est donc une critique point par point et preuve empirique à l’appui du bréviaire des idées reçues à propos du système éducatif français. Chaque chapitre est organisé autour d’une idée simple qui est par la suite expliquée et discutée à l’aune des résultats obtenus par l’intermédiaire de PISA. Sont ainsi tour à tour interrogés les bienfaits supposés du redoublement (Ch 3), les interactions entre égalité sociale et réussite scolaire (Ch 4 et 5), les liens entre la proportion d’enfants immigrés et la supposée « baisse de niveau général » (Ch 6), et enfin, thème cher au tandem, la question de la non corrélation entre les réussites scolaires féminines et leur orientation vers les filières les plus prestigieuses (Ch 7).

Les analyses des auteurs, comme à leur habitude, sont marquées d’un certain optimisme. La lecture comparée des résultats par C. Baudelot et R. Establet repose sur une hypothèse centrale assez simple à la première lecture : l’élévation corrélative du niveau et du caractère égalitaire du système scolaire profite à toutes et à tous ou, pour le dire autrement, la formation d’élites performantes repose sur un niveau général de formation élevé dans la population. L’intérêt de la démarche des auteurs se situe moins dans le caractère novateur de leur cadre de lecture, dont les grands traits ont largement bien été fixés dans leurs précédents travaux, que dans leur utilisation systématique des données. Une fois explicitée, chaque hypothèse est passée au cordeau de la base de donnée constituée à partir des résultats aux tests et les remarques tirées de cette confrontation viennent enrichir en retour la compréhension du sujet traité. La question de l’efficacité du redoublement est sur ce point exemplaire. La comparaison entre les différents pays concernés montre ainsi très bien combien cette pratique scolaire relativement très répandue en France n’est pas facteur d’amélioration des performances selon les résultats de PISA. De même pour la hiérarchisation scolaire très précoce, elle aussi bien développée dans le système français, le résultats est sans appel : les pays qui pratiquent le moins la ségrégation précoce et favorisent le maintient d’un tronc commun assez tard dans la scolarité sont systématiquement dans le groupe de tête établi par l’intermédiaire PISA. Et les auteurs d’étayer de la sorte leur thèse que la constitution d’un tronc commun solide est plus efficace au final que la mise en place prématurée de filière sélectives.

Certaines des parties sont néanmoins relativement moins abouties et laissent un peu sur la faim, à l’instar du chapitre 5 sur la corrélation entre l’inégalité sociale et l’efficacité de l’école. On manque de détails plus précis sur le fonctionnement concret des différents systèmes éducatifs nationaux, mais on peut sûrement imputer ces remarques à la taille de ce très court ouvrage (118 pages). Le chapitre sur les différences de performances entre filles et garçon est lui aussi assez court. Pour plus de précision sur ce point, on pourra aisément se référer aux précédents ouvrages publiés sur ce sujet par les deux sociologues [3].

Si selon l’adage bien connu la sociologie est un sport de combat, cet ouvrage, parce que fondé sur un travail empirique conséquent et sérieux, est une arme très efficace dans toutes les luttes qui s’engagent pour le présent et le futur de notre système éducatif.

[1] Doctorant en sociologie (LIEGE) à l’université de Lausanne (UNIL).

[2] BAUDELOT C., ESTABLET R., 2007, Quoi de neuf chez les filles ? Entre stéréotypes et libertés. Paris : Nathan.

[3] BAUDELOT C., ESTABLET R., 1992, Allez les Filles !. Paris : Éditions Du Seuil ; BAUDELOT C., ESTABLET R., 2001, La scolarité des filles à l’échelle mondiale. in BLÖSS T., La dialectique des rapports hommes-femmes. Paris : PUF, p. 103-124 ; BAUDELOT C., ESTABLET R., 2007, Quoi de neuf chez les filles ? op. cit.

Sources: www.lien-socio.org

jeudi, juin 11, 2009

Les océans ravagés

Greenpeace

Océans

Chargé de campagne Océans Greenpeace France: Emmanuel Buovolo.

Contexte : Pêche destructrice, surpêche, pêche illégale, pollutions en tout genre : les océans sont aujourd'hui dans une crise abyssale. Selon la FAO (Agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation), 80% des stocks sont pleinement exploités, surexploités ou effondrés.

Enjeux : Création de réserves marines recouvrant 40% des océans.

Solutions :

× Lancement d’un guide des espèces en danger (le cabillaud, le carrelet, le bar, la crevette ou encore le thon rouge. Au total, 22 espèces sont listées), en vente dans les supermarchés français.
× L’adoption, par la grande distribution française, de politiques d’approvisionnement en produits de la mer pêchés et élevés durablement.
× Un moratoire sur : la pêche au chalut de fond, le thon rouge et les requins.
× Des pêcheries durables et équitables.
× Une lutte efficace contre la pêche illégale.
× La création d’un vaste réseau mondial de réserves marines couvrant 40% de la surface globale des océans.

Retrouvez le guide en PDF ici

Source: http://oceans.greenpeace.fr/journee-mondiale-des-oceans-greenpeace-lance-son-guide-«-peche-conduites-dangereuses-»

A.E

mercredi, juin 10, 2009

Barack Obama et son discours au Caire




mercredi, juin 03, 2009

Transphotographiques au Palais Rameau





Artistes exposés:

Filip Singer
Agnieszka Rayss
Jan Brykczynski
Stanley Greene
Florence Lebert
Tomasz Rikaczewski
Julien Glodsten
François Daumerie
Kai Ziegner
Tomas Pospech
Dominique Petersen
Oiko Petersen
Bara Prasilova
Dita Pepe
Manca Juvan
Rafal Milach
Domen Pal
Justyna Mielnikiewick
Andrej Balco
Patrick Demarchelier

mercredi, mai 27, 2009

Problèmes climatiques !

mardi, mai 12, 2009

Twenty Show - Le film


Documentaire réalisé par Godefroy Fouray et François Vautier
Diffusé le 11/05/2009 à 23:15 sur Arte.


Sur fonds musicaux, parfois contrastants, nous plongeons dans une suite de vidéoblogs, présentant les souffrances, les malaises, les réflexions de jeunes d'une vingtaine d'années.
Présenté dans un style amateur, ce dernier s'allie à merveille avec la musique mélancolique. Ces jeunes nous parlent de leur vie, ce qui les tracassent: leurs études, leur carrière ou leurs amours. Il est intéressant de voir ce documentaire car il est original et relève la crédibilité des vidéoblogs qui jusqu'à présent peuvent être considérés comme des outils de voyeurisme ou exhibitionniste.
Ce qui est fabuleux dans Twenty Show c'est ce dont parlent les jeunes, venant d'horizons différents, ayant chacun leur propre personnalité. Le fait que leurs vidéos soient assemblées les une après les autres offre un style singulier. Mais comme nous disions à l'instant, leurs paroles sont éloquentes et si justes. Ils évoquent les problèmes si bien connus de la jeunesse que le portrait va de soi, les jeunes "galèrent" dans des études difficiles et qui n'entraînent pas d'activités, ils ne savent pas quoi faire ni comment s'orienter, ils souffrent de la solitude, ils s'interrogent. Ce bouillonnement laisse perplexe quant à son propre cas et nous immerge de questions sociales.

Arnaud Evrard

lundi, mai 11, 2009

Pas de Quartier pour les Inégalités !















Samedi 9 mai 2009 avait lieu la 5ème édition de l'évènement organisé par l'AFEV: Pas de Quartier pour les Inégalités. Le but de celui-ci est de sensibiliser à la citoyenneté, d'informer les citoyens sur les associations qui luttent contre les discriminations et aussi de passer un moment simple et conviviale en présence d'artistes venant d'horizons variés.

Étaient présentes les associations suivantes: l'AFEV, ASTR, Oxfam France-Agir Ici, ATD Quart-Monde, le Service Social des Jeunes (SSJ), Sida Info Services, l'association Voitures & Co., Spiritek (informations sur les drogues), le Secours Populaire Français, Ara - autours des rhytmes actuels, Cultures de Coeur, Vive les Vacances (VLV), Genepi, le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (Mrap), l'Adice, Éclaireures éclaireuses de France, les Jeunes Européens de France, Amnesty International, le Réseau Education sans Frontière Nord-Pas-de-Calais et Le Pas de Côté.

Les passants pouvaient jouer à la Roue de l'Infortune (c.f photo ci-contre) et tirer une carte qui les amènenaient vers un stand associatif. Chaque carte contenait une thématique précise (éducation, santé, logement, etc.) et dirigeait le joueur vers un défi.

Des musiciens animaient le lieu (fanfares, rap, dance) et même un club de capoeira s'est adonné à une impressionnante démonstration. En attendant le concert de Marcel et son Orchestre, les artistes ont enflammé le centre de Roubaix au profit d'une cause qui ne laissera pas le maire de la ville sans satisfaction.

Des animations avaient lieu dans la Maison des Associations (MDA) de Roubaix . On pouvait s'initier à différents instruments de musique comme le cor. Dans la chapelle, des volontaires représentaient des sketchs illustrant chacun une discrimination tel le sexisme et le racisme. Et enfin, dans les jardins, des jeux coopératifs étaient à la disposition de tous, des plus petits comme des plus grands.



Arnaud Evrard

Super Mario Bros.

Film américain réalisé par Rocky Morton et Annabel Jankel
Produit en 1992

Avec John Leguizamo (Luigi), Bob Hoskins (Mario), Dennis Hopper (Koopa) et Samantha Mathis (Daisy).

Qui ne connaît pas les mythiques jeux video Super Mario Bros ?
Nous retrouvons les deux frères Luigi et Mario pour une aventure des plus folle. Les deux plombiers font la rencontre d'une jeune archéologue nommée Daisy, Luigi va tomber amoureux d'elle et là commence une exploration transdimensionnelle. Ayant atterrit dans une dimension parallèle, les deux frères vont à la recherche de Daisy, kidnappée par Koopa. Ce dernier convoite cette pierre magique qui a pour dessein de réunir les deux dimensions.

Une adaptation cinématographique loin des plus réussie mais qui reste très correcte de part les effets spéciaux et les décors futuristes. On retrouve des acteurs connus qui pourtant ne sont pas si efficaces. Il n'est pas facile de reproduire des personnages de jeux vidéo, cependant, une pointe supplémentaire d'humour n'aurait pas été de mauvais augure. Un film à découvrir pour les fans du jeu et frénétique d'aventure.


Arnaud Evrard

jeudi, avril 02, 2009

La police remise en question ?

Un rapport d'Amnesty Internationale relate des témoignages de citoyens victimes de violences policières les quatre dernières années. Plus de 670 plaintes ont été enregistrées, mais peu ont été traitées par les parquets de justice.

Le rapport: ici

lundi, mars 09, 2009

I am Because we Are

Film réalisé par Nathan Rissman (états-unien)
Documentaire produit en 2008.
Sortie en France le 25 mars 2009

Thématique: Afrique, Sida, pauvreté, famine.

Commentaires

Nathan Rissman nous relate des faits saisissants. Le documentaire est tourné au Malawi, plus précisement dans les zones rurales, où de nombreux habitants souffrent
du sida. Les images blaissent, attristent et relativisent nos modes de vie. Des enfants se retrouvent orphelins et témoignent de leur difficulté à vivre sans leur mère. Ils se sentent différents, seuls et absents d'éducation. Pourquoi orphelin ? Le plus souvent car leur maman est décédé du sida. Le manque de personnel et de moyens médicaux, de prévention contre le sida sont à l'origine de ce drame. "I am because we are" dessine, tout au long des images, une philosophie sur la responsabilité et le désire de vivre tous ensemble, concerné par la raison de vivre, le bonheur et le malheur. De très jolies pensées sont véhiculées appuyant ce constraste entre maladie et joie de vivre. Un documentaire à ne surtout pas oublier.

Arnaud Evrard